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Louis Hémon, Maria
Chapdelaine, LUX, 2004
Ean13 : 9782895960195
Maria a dix-huit
ans, l’âge de se marier dans un pays de pionniers comme celui du
Lac Saint-Jean au début du XXe siècle. Elle a là deux sages
prétendants, Eutrope le robuste paysan, Lorenzo qui veut
l’emmener aux États-Unis, et un amoureux romanesque : François
Paradis, une tête brûlée, tellement plus intéressant que les
deux gars soutenus par les parents et le curé ! Mais les jeunes
filles ont-elles leur mot à dire lorsqu’il s’agit de consolider
la colonisation d’une région arrachée à la forêt et au froid
glacial, d’une province arrachée aux Anglais et à la pauvreté ?
Subtilement, le piège se referme. « Je vous marierai comme vous
m’avez demandé, le printemps d’après ce printemps-ci… »
Roman emblématique de la littérature québécoise, Maria
Chapdelaine est pourtant l’œuvre d’un Français ! Louis Hémon
[1880-1913], à peine diplômé, quitta sa respectable famille
parisienne pour s’installer à Londres d’abord, où de petits
travaux de bureaux lui laissèrent le temps de développer en
secret ses talents littéraires, puis au Québec, terre de
découvertes qui correspondait à son intérêt quasi journalistique
pour les lieux authentiques et l’observation des classes
modestes. Lorsqu’il qu’il débarque en 1912 à Péribonka, c’est
comme simple ouvrier agricole qu’il travaille, tandis que se
remplit son petit carnet de notes, que s’échafaude un roman
intimement nourri de cette conservatrice et aventureuse culture
populaire québécoise qui l’a séduit. Un an plus tard, le texte
est prêt pour une publication en feuilleton dans le journal
français Le Temps, qui ignore alors que son jeune correspondant
est déjà mort, happé par un train quelque part en Ontario. Mort
sans savoir que son roman allait connaître en Europe un succès
fantastique – mais qu’il le ferait longtemps honnir des
Québécois, convaincus d’avoir été bernés et sciemment
ridiculisés par ce Parisien. |