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Les 10 plus beaux souvenirs d’une voyageuse au Yukon

Les 10 plus beaux souvenirs d’une voyageuse au Yukon, par Charlotte Service-Longépé, Canada Suisse, le 28 octobre 2016.

Quand je repense au Yukon, de nombreux souvenirs me reviennent en mémoire : une nature préservée des hommes et de l’urbanisation galopante avec un horizon fait de fleuves tumultueux, de montagnes aux pentes abruptes, le tout baigné des couleurs chatoyantes de l’automne ; un souffle de liberté jamais ressenti semble couler dans mes veines.

Gravés dans ma mémoire, voici mes plus beaux souvenirs de voyageuse sur les pistes du Grand Nord Canadien :

  1. Premières Minutes Yukonaises

Un 4 septembre 2016, à 18 h, le Boeing 767 en provenance de Francfort amorce sa descente traversant l’épaisse couche de nuage sous la lumière chaude du soleil couchant, ainsi se dévoile à mes yeux un vaste espace de Nature à perte de vue. Un ciel bleu intense parcouru de quelques nuages où se dessinent des ombres sur la cime des épinettes. Le fleuve Yukon d’un vert émeraude serpente jusqu’aux rives de la seule trace de civilisation: Whitehorse, la capitale du Yukon.

Je plonge avec émerveillement dans l’immensité d’une région à découvrir. Bienvenue au Yukon !

  1. Chercher de l’or

Comment visiter le Yukon sans chercher de l’or ?

L’industrie de l’extraction de l’or et des minerais rares est toujours très active ; des machines tentaculaires creusent et lavent des tonnes de terre et de gravillons chaque jour.

Quelques concessions sont accessibles librement aux chercheurs d’or en herbe, notamment à Bonanza Creek où fut découvert en 1896 la première pépite initiatrice de la ruée vers l’or au Klondike.

Rendez-vous est pris dans une concession près de Dawson pour une leçon de lavage à la batée. Accroupie dans le ruisseau, après de longues minutes à tourner, évacuer le gravier et faire délicatement partir le sable, une mince couche de sable noir se révèle au fond de la batée.

Notre guide sourit, l’or se trouve souvent mêlé au sable noir et d’un coup d’œil affuté il me montre un mince fil jaune brillant : j’ai trouvé de l’or ! C’est infime dans ma batée, mais l’or n’est-il pas tout simplement dans la beauté des lieux nous environnant?

  1. Sur les marches de la Cabane de Robert W. Service

Pour la première fois, je visite le pays où a vécu mon illustre aïeul, Robert W. Service promu au rang de Barde du Yukon. Après avoir écrit une biographie relatant ses aventures palpitantes au Canada, j’ai enfin marché dans les traces du poète, admiré de mes propres yeux les paysages du Yukon qui lui ont inspiré ses célèbres ballades.

Dès mon arrivée, Robert Service est partout, son portrait dans les restaurants, ses livres en présentation dans les librairies, son buste au coin d’une rue, un boulevard, un camping et une école portent son nom. Le Yukon vibre encore aux rimes des poésies de Robert W. Service.

À Dawson, le moment le plus émouvant pour moi, fut l’instant où j’ai franchi le seuil de la cabane construite en 1896 par un prospecteur où vécut mon arrière-grand-père pendant plusieurs années. J’ai touché les épais rondins de bois que lui-même avait caressés. Je suis entrée dans une petite pièce aux murs bleus, le mobilier d’époque est parfaitement reconstitué, la bouilloire d’émail trône sur le poêle, quelques livres sont posés sur son bureau où il a composé ses fameuses ballades et le téléphone Edison de bakélite noire semble prêt à sonner.

En souvenir de mon passage, telle une pèlerine, j’ai déposé un petit galet provenant de la petite crique du Corps de Garde à Lancieux où mon arrière-grand-père aimait se baigner jusqu’à ses derniers jours.

  1. Dawson City du temps de la Ruée vers l’or

Dawson City est resté intact depuis un siècle : trottoirs faits de lattes de bois tout comme dans les westerns, rues de terre non goudronnées à cause du permafrost, maisons de bois peintes avec leurs enseignes pittoresques – un vrai plongeon dans l’univers de la Ruée vers l’or sur les bords de la rivière Klondike.

Du sommet du Midnight Dôme surplombant Dawson, le panorama est magnifique avec la confluence des deux fleuves : le clair et miroitant Klondike semble ne jamais vouloir se mêler aux eaux jaunâtres chargées de sédiments charriés par le Yukon. Pendant le long hiver les deux fleuves seront réunis sous un épais tapis de glace.

  1. Diner au Klondike Kate et trinquer au « Sourtoe »

Après une expédition sur la route Dempster, une visite à la drague numéro 4 où une promenade sur le Grizzly Trail, un diner est bien mérité au Klondike Kate. Les murs sont décorés de photographies de la grande époque de la ruée et par des anciennes affiches de films. Le plat du jour est typique du Yukon : filet de flétan, saumon, burgers d’orignal ou saucisse de bisons servis avec une bière Bonanza ou Grizzly brassée au Yukon.

La soirée peut se poursuivre au bar du Dowtown Hôtel avec sa porte à double battants, ambiance saloon et le pianiste enchainant les morceaux jusqu’à l’heure solennelle où le gardien du “Sourtoe” s’installe dans la salle.

Déjà 69 115 “Sourtoe Cocktail” servis au comptoir : le célèbre cocktail dans lequel un véritable orteil humain marine dans l’alcool.

Oseriez-vous devenir un membre du très sélect “Sourtoe Cocktail” Club ?

  1. Vol au-dessus des icefields

Près de Haines Junction, embarquement à l’aérodrome dans l’un de leur petit avion Cessna 206 pour une heure et demie de vol au-dessus du parc Kluane ; celui-ci abrite notamment le plus haut sommet du Canada, le mont Logan (5 959 m) ainsi que le plus grand champ de glace canadien.

Le pilote égraine le nom de chaque sommet en survolant les vallées encaissées entre les montagnes majestueuses.

Les mots ne suffisent pas à retranscrire la beauté d’un tel spectacle : des lacs, d’un bleu aigue-marine, nichés dans les anfractuosités de la montagne. L’avion survole des paysages aux couleurs des quatre saisons : le flamboiement de la forêt au décollage, les flancs arides des montagnes où seul se risquent quelques agiles chamois, puis les immenses vallées de neige immaculée et enfin les fleuves de glaces majestueux s’écoulant sur des kilomètres.

Un moment magique et inoubliable !

  1. Pèche aux saumons avec les ours

Sur les routes du Yukon, les touristes ont plus de chance de rencontrer un ours qu’un humain ou qu’une station-service parfois éloignée de 350 kilomètres.

Sur la rive du lac Pine, les gigantesques empreintes toutes fraîches d’un grizzly, la prudence est donc de mise ne sachant pas si le plantigrade est à proximité, peut-être en pleine cueillette d’airelles et autres baies appétissantes tapissant les épais fourrés.

En cette saison automnale, les ours noirs et leurs cousins grizzlys se pressent près des rivières pour s’empiffrer de saumons avant d’hiberner. Je longe la rivière en sécurité à bord d’une voiture, et je ne dois pas attendre longtemps pour voir traverser une maman ourse avec ses deux jeunes oursons. Le seul pêcheur du voisinage a fui à toute allure se réfugier dans sa voiture. Les ours font halte pour dépecer sa mallette et jouer avec ses filets puis ils plongent dans la rivière pour un nouveau jeu. Je savoure le spectacle de cette maman ours et ses deux petits barbotant joyeusement à quelques mètres de moi.

  1. La meilleure glace du Yukon à Haines Junction

Sur la route de l’Alaska, après une journée sur les rives du vaste lac Kathleen, un arrêt obligé chez Frosty’s pour déguster une de leurs excellentes spécialités de saison, la crème glacée butter scotch, pistache ou fruitée : les meilleures glaces du Yukon à savourer en terrasse avec vue sur la splendide chaine montagneuse du Mont Kluane.

  1.  L’Art des Premières Nations

Les totems érigés au cœur des villages et dans des lieux isolés semblent être les seules traces visibles de l’homme. Dans la tradition autochtone, les totems sculptés dans des arbres millénaires servent à raconter l’histoire des clans, divisés entre les Aigles et les Corbeaux. Dans la mythologie des Premières Nations du Yukon, le corbeau est le créateur du monde.

Comme une plongée fascinante dans leur culture et leur art de vivre ancestral, je cherche à déchiffrer la signification cachée derrière la beauté des animaux stylisés et dans l’harmonie des couleurs de leurs totems. À Whitehorse, est érigé le grand Totem de Guérison, haut de 11 mètres, renfermant les noms des enfants des tribus indiennes ayant soufferts des effets dévastateurs du système éducatif des écoles locales et autochtones canadiennes.

  1. Les couleurs de l’automne

Début septembre les peupliers se teintent de jaune ressemblant à des filons d’or parmi le vert sombre des grêles épinettes. Au sol les fleurs d’épilobes – emblème national du Yukon – rougeoient comme des braises ardentes au milieu des pâles mousses boréales.

Le spectacle de l’automne yukonnais est éphémère, car déjà en montant vers le nord les feuilles commencent à tapisser le sol et à l’aube la végétation est recouverte d’un glaçage de givre. Dans le soleil, la surface émeraude du lac éponyme dessine des aurores boréales de jade. Les lacs aux eaux immobiles reflètent comme des miroirs les montagnes qui les ceinturent.

Les paysages sauvages d’une beauté impressionnante sont tels que Robert W. Service les a décrits dans ses poèmes. Comment ne pas succomber à l’appel du Yukon ?

“N’avez-vous jamais entendu parler d’une Terre Lointaine, d’un paradis de rêve aux portes de l’aube ? Ensorcelante, elle s’étend jusqu’à l’orée des cieux, et encore plus loin ; ensorcelante, elle m’appelle : bénit soit cette route, en selle et avec paquetage, marchant sur les pistes ou pagayant, partons vers cette Terre Lointaine !”

The Land of Beyond”, Rhymes of a Rolling Stone (1912) Robert W. Service

© Texte & Photos / Charlotte Service-Longépé

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Contributeur: Jonathan

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